Le dernier train pour Busan

[Cet article contient des spoilers mineurs]

Je vais inaugurer ce blog avec une petite note sur un de mes films préférés de 2016 : Le dernier train pour Busan. Il s’agit d’un film d’horreur coréen. Plus précisément, il se classe dans les films de zombies.
Il faut savoir que je ne suis pas une grande amatrice des films de zombies (ou d’horreur) que j’ai pu voir dans le passé. J’ai beaucoup aimé Shawn of the Dead, et on m’a conseillé Fido que je n’ai pas encore eu le temps de voir. Mais sinon, j’ai surtout en souvenir de toujours voir la même chose, les mêmes zombies bêtes, et les mêmes protagonistes qui ne sont guère plus intelligents. Peut-être ne suis-je pas tombée sur les bons films. Qui sait ? Une amie m’a vivement conseillé Le dernier train pour Busan. Comme je fonctionne surtout du bouche à l’oreille, j’ai tenté l’expérience. Et je n’étais pas déçue !

Le résumé, tiré d’Allociné pour situer l’histoire : Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

train_to_busan_h_2016

L’ensemble est bien rythmé, il n’y a pas de temps mort. Les scènes « tranquilles » amènent des informations intéressantes sur les personnages et leurs relations, le tout ponctué par un peu d’humour. Deux heures que je n’ai pas vu passer ! Il est rare que je sois happée à ce point par un film. Arrive fatalement le moment où je vais me désintéresser, commencer à dessiner ou faire autre chose pour le laisser tourner au fond. Le dernier Train pour Busan ? Rien de tout ça. Du pur bonheur. Entre autres parce qu’il a la bonne idée de réduire son espace d’action dans un train et des gares. Dans ces endroits confinés et limités, il n’y a pas la possibilité de s’éparpiller et de se reposer. Les personnages sont tassés sur eux-mêmes avec les zombies dans le wagon à côté. Ils n’ont pas le temps de s’occuper d’autres choses que de leur propre survie.

Le film part aussi du principe que vous êtes un être humain intelligent. Il ne va pas s’élancer dans des discours explicatifs. Les personnages parlent uniquement quand ils ont quelque chose à dire et non pour s’assurer que le spectateur a vraiment compris l’évident. De nombreuses informations découlent de la mise en scène, et aucun personnage n’est forcé d’y mettre des mots. Et quand quelqu’un décide de dire quelque chose, il ne s’agit pas de paroles vides. Même les personnages qui ne disent pas plus que deux lignes ont une présence et une crédibilité. Aucun ne paraît superficiel, ou mal exploité. Ils sont tous tangibles et touchants à leur façon. Pour ce qui est de sa narration, ce film est impeccable. Cela fait toujours plaisir à mon petit égo d’être pris au sérieux en tant que spectatrice.

train_to_busan_de_yeon_sang-ho

Les personnages ne sont pas non plus plus bêtes que leur pied ! Le nombre de films zombies où j’ai hurlé sur l’intellect défaillant de certains protagonistes… Et pourtant, même dans Le dernier train pour Busan, les personnages sont pris de panique et prennent des décisions discutables ou suicidaires. Les réactions, ici, paraissent crédibles. On comprend la panique, et les décisions de tout le monde. Les gens ne vont pas se chamailler pour des idioties, ou s’interroger pourquoi A préfère coucher avec C alors qu’il sort avec B, le tout alors qu’ils sont poursuivis par des zombies qui veulent manger leurs cerveaux.

Pourtant, la romance est « présente » dans le film. Le héros, Seok-Woo, se rend à Busan pour rejoindre son ex-femme pour l’anniversaire de leur fille qui veut revoir sa maman. On a un futur couple de lycéens, ainsi qu’un homme et sa femme enceinte. L’accent n’est cependant jamais mis sur toutes ces relations. L’ensemble se voit consolidé dans la thématique de la famille et des générations. Parmi les protagonistes, on retrouve tout âge : la petite fille avec son jeune père. Les adolescents. La future famille. Le buisnessman sans famille qui veut rejoindre sa mère. Deux vieilles dames qui sont sœurs et un vieux conducteur.

Seok-Woo subit d’ailleurs une évolution sympathique en tant que héros, père trop pris par son travail pour s’occuper de sa fille. Le buisnessman fonctionne comme miroir à Seok-Woo qui y voit ce qu’il va devenir s’il ne change pas. Il voit dans le futur père l’homme qu’il pourrait être. Jamais on n’entendra Seok-Woo dire, ou penser craindre de devenir comme le buisnessman et essayer de suivre l’exemple du futur père. Ces découvertes sont laissées aux spectateurs. Regarder le film à plusieurs reprises devient un vrai régal. On comprend de mieux en mieux comment les personnages ne cessent de s’influencer les uns les autres sans que cela soit mis en avant.

Le film ne s’élance pas non plus dans de la violence et du gore gratuits. Il n’essaie pas de vous dégoûter. Pour mon petit plaisir personnel, car rien ne m’insupporte plus que de voir du sang et de la cervelle pour aucune raison valable que le sensationalisme. Depuis Game of Thrones j’en ai vraiment ma claque.

Depuis, j’ai conseillé ce film à des amis amateurs de films de zombies. Pour le moment, le retour est unanime : une très bonne découverte pour tout le monde ! Le dernier train pour Busan a d’ailleurs fait pas mal de vagues, montré en mai 2016 à Cannes, sorti le 20 juillet 2016 en Corée du Sud. Les Américains ont déjà annoncé leur remake en novembre de la même année.

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